BIENVENUE SUR LE SITE DES ETABLISSEMENTS MUTUALISTES LOIRE ET HAUTE-LOIRE

La hernie discale lombaire

Attention : ce document constitue un support explicatif concernant un problème médical. Conformément à la législation en vigueur, aucun soutien financier n’a été perçu pour sa rédaction et il n’a aucun objectif publicitaire. Il ne remplace en aucun cas un avis médical ou une consultation spécialisée. Il n’engage en rien l’équipe médicale qui vous prendra en charge de façon adaptée à votre situation particulière, après une information détaillée. Son utilisation est protégée par les droits de ses auteurs.

 

 

ANATOMIE DE LA COLONNE VERTÉBRALE LOMBAIRE

   Elle est constituée de 5 vertèbres placées les unes sur les autres, séparées par des disques intervertébraux et solidarisées entre elles par des muscles et des ligaments. Elles sont articulées entre elles par des processus articulaires en arrière et par les disques intervertébraux en avant. Elles laissent passer en leur sein, la moelle épinière (qui se termine généralement au niveau de la première vertèbre lombaire) et les racines nerveuses qui donneront naissance aux nerfs lombaires et sacrés (nerfs de la “queue de cheval”).

 Le disque intervertébral est composé d’un noyau pulpeux (nucleus pulposus) en son centre qui joue le rôle d’amortisseur et d’un anneau fibreux (annulus fibrosus) en périphérie qui permet la cohésion solide des vertèbres entre elles.

 

 

QU’EST-CE QU’UNE HERNIE DISCALE LOMBAIRE ?

  Une hernie discale correspond à l’extériorisation d’un fragment de disque par le biais d’une zone de faiblesse. Il peut s’agir d’une simple protrusion du disque par distension de sa partie périphérique et du ligament qui le recouvre, soit d’une véritable expulsion de la hernie.

Image 1Image 2 

 

 

 

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES D’UNE HERNIE DISCALE LOMBAIRE ?

  Dans certains cas, la hernie peut être asymptomatique (sans manifestation).

 Selon sa localisation et son volume, elle peut comprimer un nerf situé à proximité. Cette compression peut provoquer une douleur radiculaire. Dans la majorité des cas, les hernies surviennent au niveau des 2 derniers disques lombaires (L4-L5 et L5-S1) et sont responsables d’une douleur radiculaire sciatique (sciatalgie). Plus rarement elles intéressent les disques susjacents et sont à l’origine d’une douleur radiculaire crurale (cruralgie).

 Cette douleur peut être associée à une douleur lombaire (lombalgie).

 La compression du nerf peut également provoquer des troubles de la sensibilité (diminution du toucher, fourmillements, sensation d’engourdissement). Dans des cas plus rares mais plus graves, elle provoque des troubles de la motricité (diminution de la force musculaire) et/ou des problèmes sphinctériens (rétention urinaire, incontinence anale, troubles sexuels).

 

 

QUELLE EST LA PRISE EN CHARGE DE LA HERNIE DISCALE LOMBAIRE ?

  Il s’agit d’un problème fréquent : en France, chez l’adulte, cette pathologie toucherait environ 100 000 nouveaux patients par an.

 En l’absence de douleur et de signe neurologique, aucun traitement n’est en principe nécessaire.

 En cas de douleur, dans environ 80% des cas, l’évolution naturelle se fait vers la guérison spontanée en 6 à 8 semaines. Le traitement est en priorité conservateur: repos relatif, traitement médicamenteux (anti-douleurs et anti-inflammatoires, décontracturants), kinésithérapie (après la phase très douloureuse), éventuellement contention lombaire.

 En cas de doute diagnostique ou de persistance malgré le traitement médicamenteux, des examens radiologiques sont réalisées : scanner lombaire et/ou IRM lombaire.

 Si la douleur persiste malgré la prise en charge conservatrice et que la hernie discale est mise en évidence de façon formelle (sur les examens radiologiques) et correspond aux données cliniques (niveau et côté), une prise en charge interventionnelle peut être envisagée.

 

 

Y A-T-IL UNE ALTERNATIVE A LA CHIRURGIE ?

  Dans certains cas, une infiltration de produit anti-inflammatoire peut être réalisée sous contrôle radiologique, à proximité du nerf responsable des douleurs. Les résultats de ce traitement sont inconstants mais peuvent permettre dans certains cas d’éviter ou de retarder l’intervention chirurgicale.

 Les complications de cette procédure sont très rares (infection, hématome, aggravation des douleurs). Des cas exceptionnels de paralysies graves étendues et définitives (paraplégie ou tétraplégie) ont été décrits.

 

 

QUAND FAUT-IL OPÉRER UNE HERNIE DISCALE LOMBAIRE ET QUELS SONT LES OBJECTIFS DE LA CHIRURGIE ?

  Si la douleur persiste au-delà de 6 à 8 semaines malgré la prise en charge conservatrice et devient trop invalidante, une intervention chirurgicale peut être proposée. Elle est souvent impérative et urgente en cas de déficit neurologique aigu (perte de la force motrice et/ou troubles sphinctériens). Le délai de la chirurgie peut également être écourté pour les cas « hyperalgiques » (extrêmement douloureux).

 Le but de l’intervention est de libérer le nerf comprimé, ce qui permet dans environ 80% des cas de soulager la douleur radiculaire (sciatalgie ou cruralgie). Le soulagement des lombalgies, si elles étaient présentes avant l’opération, est plus aléatoire. L’intervention peut éventuellement provoquer ou aggraver les lombalgies en période postopératoire, pendant une durée variable.

 L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, en position ventrale, sous contrôle radiologique. Après une ouverture de la peau de quelques centimètres à la partie basse du dos et un écartement restreint des muscles, on réalise une ouverture du canal vertébral (structures osseuses et ligamentaires vertébrales protégeant les nerfs). Le chirurgien repère ensuite la racine nerveuse comprimée par la hernie discale qu’il mobilise prudemment afin de dégager le passage vers la hernie discale. Celle-ci est alors retirée à l’aide d’une pince. Parfois un curetage complémentaire du disque est réalisé. Après vérification de la liberté de la racine nerveuse et l’absence de saignement, l’espace opératoire est nettoyé et le chirurgien procède à la fermeture des différents tissus ouverts. Parfois un drain est mis en place au moment de la fermeture pour limiter le risque d’hématomes du site opératoire.

 

 

COMMENT SE DÉROULE L’HOSPITALISATION ET LES SUITES ?

  Une consultation avec un anesthésiste aura été réalisée plusieurs jours avant l’hospitalisation (sauf cas d’urgence). Vous serez hospitalisé la veille de l’intervention. L’infirmier(ère) qui vous accueille vérifiera votre dossier médical : identité, lettre d’admission, bilan radiologique, résultats d’examens biologiques. L’équipe chirurgicale vous rendra visite, afin de vérifier l’absence de problème particulier. A cette occasion que vous pourrez poser les questions que vous souhaitez. Si vous ne l’avez pas fait avant de venir, vous devrez prendre une douche.

 Le jour de l’intervention, vous prendrez une douche à la Bétadine (ou autre produit en cas d’allergie) suivant des recommandations qui vous serons données par le personnel. Vous aurez, le jour même, une prémédication (médicament pour se détendre) et vous serez emmené par un brancardier au bloc opératoire. Un infirmier(ère) vous accueillera et vous posera un certain nombre de questions correspondant à une liste de vérification : identité, type d’intervention prévue, coté de la douleur. Vous serez ensuite conduit dans la salle d’intervention, endormi, puis installé pour l’opération.

 Après l’intervention, vous serez conduit en salle de réveil que vous quitterez après autorisation de l’anesthésiste. Vous vous lèverez quelques heures après votre réveil de l’anesthésie (parfois le lendemain) afin de reprendre rapidement votre autonomie. Les consignes d’hygiène vertébrale vous seront rappelées par l’équipe de kinésithérapie, dans le but de protéger votre colonne vertébrale et la zone opérée. Vous pourrez prendre des douches en protégeant le pansement qui sera changé tous les deux jours par un infirmier dans le service puis à domicile, jusqu’à l’ablation des fils ou des agrafes, au 10ème jour postopératoire.

 Au décours de l’hospitalisation, un traitement antalgique personnalisé postopératoire vous sera prescrit. Vous pourrez rapidement reprendre une activité normale qui devra cependant rester réduite pendant le premier mois. Vous bénéficierez d’une kinésithérapie, débutée environ 3 semaines après la chirurgie. Vous serez revu par votre chirurgien 1 mois après l’opération.

 

 

QUELS SONT LES RISQUES DE L’INTERVENTION ?

  Les complications sont rares. Elles comprennent :

Les risques neurologiques : lésion d’un ou plusieurs nerfs et ou de la moelle épinière (en cas de chirurgie lombaire haute), pouvant aboutir à un déficit neurologique (perte de la sensibilité et/ou de la motricité) plus ou moins réversible, pouvant concerner essentiellement les membres inférieurs, les commandes vésicale et/ou génitale et/ou anale. Les cas les plus graves de paraplégie ou de tétraplégie restent exceptionnels.

  Risque d’infection pouvant nécessiter une antibiothérapie prolongée et parfois une nouvelle chirurgie.

  Risque de troubles de cicatrisation pouvant nécessiter une nouvelle chirurgie.

  Risque d’échec : persistance ou aggravation des signes; risque de récidive ultérieure (parfois précoce, dès les premiers jours postopératoires) par nouvelles lésions dégénératives (hernie discale, arthrose, etc.) ou en relation avec la cicatrisation locale (fibrose postopératoire) ;

  Risque vasculaire : saignement veineux ou artériel local rarement important mais pouvant parfois nécessiter une transfusion de sang. Exceptionnellement lésion vasculaire pouvant conduire à une hémorragie massive, source de séquelles graves permanentes ou de décès. Le risque d’hématome postopératoire reste très limité. Une nouvelle intervention en urgence est exceptionnellement nécessaire pour évacuer hématome s’il entraine des troubles neurologiques par compression des nerfs et/ou de la moelle épinière.

  Brèche de dure-mère (membrane protégeant la moelle épinière et les nerfs) qui contient le liquide cérébro-spinal (LCS). Le plus souvent cette brèche est visualisée par le chirurgien et réparée par micro-suture et/ou colle biologique. Si la fuite persiste, une nouvelle intervention chirurgicale et/ou une antibiothérapie prolongée peuvent être nécessaires.

  Malposition ou déplacement secondaire du matériel implanté le cas échéant, qui peut nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale.

  Risque d’erreur du niveau opéré rendu exceptionnel par l’utilisation systématique de clichés radiographiques pendant la chirurgie.

  Risques liés à l’anesthésie : expliqués par le médecin anesthésiste lors de la consultation dédiée.

  Risques généraux : Notamment phlébite des membres inférieurs pouvant se compliquer d’une embolie pulmonaire, Un traitement préventif par bas de contention et anticoagulant peut vous être prescrit selon votre risque ou en raison d’un alitement prolongé. En cas de sondage urinaire, risque d’infection urinaire pouvant nécessité une antibiothérapie.

  D’autres complications graves inattendues peuvent survenir exceptionnellement.

  Certains problèmes de santé (diabète, obésité, artérite,…) ou certaines habitudes toxiques (tabagisme, consommation d’alcool,…) peuvent augmenter les risques évoqués, notamment les risques d’infection, de mauvaise cicatrisation ou de défaut de consolidation (pseudarthrose) après mise en place de matériel chirurgical.