"Le bruit doit être réduit au plus bas niveau possible compte tenu des moyens techniques existants". Cette déclaration est inscrite dans la réglementation française en vue de la protection des ouvriers contre le bruit.Dans le milieu du travail, le confort acoustique est nécessaire dans les locaux tels que bureaux, halls d'accueil, secrétariat…, mais le problème majeur est celui de la nocivité du bruit. L’exposition permanente à des niveaux sonores élevés exige une grande vigilance sur le plan sanitaire et éventuellement des mesures de protection. Faute de quoi l’exposition au bruit conduit à la surdité professionnelle.La surdité professionnelle est une surdité appelée "traumatique" car provoquée par le bruit ; c'est une surdité de perception due à l'altération des cellules auditives de l'oreille interne. Elle n'est pas opérable, elle est difficile à appareiller. La réglementation s’appuie sur le niveau quotidien d’exposition sonore qui est le niveau moyen auquel est exposé un ouvrier pendant une journée de travail de 8 heures. Actuellement, mais une modification va paraître prochainement, la loi fixe à 85 dBA le seuil d'exposition quotidienne au-dessus duquel un ouvrier doit pouvoir se protéger par la mise à sa disposition de protecteurs auditifs. Lorsque le niveau d'exposition dépasse 90 dBA, l'ouvrier a l'obligation de porter ces protecteurs. Pour les sons de durée très brève (chute de tôle, tirs de mines,….) appelés sons impulsionnels, la mise à disposition de protecteurs est demandée à partir de 135 dB et le port obligatoire au-dessus de 140 dB.En France, un quart des ouvriers de l'industrie est confronté de manière prolongée à des bruits dépassant 85 dBA.La surdité est la deuxième maladie professionnelle et 750 cas sont recensés chaque annéeChaque cas de surdité professionnelle coûte en moyenne 100.000 euros à l'employeur et aux organismes sociaux
Le rôle du médecin du travail
Dès ses origines en 1946, la médecine du travail s’est fortement investie dans des programmes de lutte contre le bruit et ses effets pathogènes. Cette lutte qui constitue un objectif prioritaire de santé au travail s’appuie sur un édifice préventif à trois niveaux dont le principal acteur est le médecin du travail :
• la prévention primaire avec le repérage des zones à risque grâce à des mesures sonométriques et, sous la responsabilité de l’employeur, la signalisation des zones de plus de 85 dB et la mise en oeuvre de mesures de protection collective (réduction à la source du bruit) et de protection individuelle (bouchons d’oreilles sur mesure ou non, casque anti-bruit),• la prévention secondaire avec le recensement des salariés exposés à un niveau sonore de plus de 85 Db grâce à l’interrogatoire médico-professionnel complété éventuellement par des mesures dosimétriques sur une journée de travail et la surveillance médicale spéciale des salariés concernés incluant la réalisation périodique d’un examen clinique et d’un audiogramme permettant le dépistage des lésions liées au bruit,• la prévention tertiaire avec l’orientation des personnes présentant une surdité plus ou moins évoluée vers une prise en charge spécialisée (ORL) et le cas échéant vers la caisse d’assurance maladie en vue d’une reconnaissance de maladie professionnelle et/ou, avec le consentement de l’intéressé(e), vers la COTOREP en vue d’une reconnaissance de travailleur handicapé.Le médecin du travail, conseiller des salariés et de l’employeur, sensibilise aux dangers du bruit et aux mesures préventives collectives et individuelles à mettre en oeuvre en animant ou en participant à des sessions de formation et d’information. Il peut aussi aborder le sujet individuellement lors des visites médicales et collectivement lors de la présentation du rapport médical annuel au comité d’entreprise ou à la commission de contrôle du service médical interentreprises et, dans les entreprises de plus de 50 salariés, lors des réunions trimestrielles du Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT).
Le médecin du travail joue également un rôle important dans l’insertion et la réinsertion professionnelles des personnes avec une déficience auditive dont il assure le suivi médical régulier dans l’entreprise et dont il vérifie la bonne adéquation avec son poste de travail.Il peut préconiser un aménagement du poste ou un reclassement professionnel en faisant appel si nécessaire à des spécialistes du maintien dans l’emploi et à des aides de l’Association de Gestion du Fond d’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées (AGEFIPH), pour le secteur privé, et, depuis Janvier 2006, du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées de la Fonction Publique (FIPHFP) pour les fonctionnaires de la Fonction Publique d’Etat, Territoriale, et Hospitalière et les salariés de la Poste.
Saviez-vous que ?> 35% des personnes en activité professionnelle considèrent que le niveau sonore de travail est élevé ou trop élevé> 13% des salariés subissent un bruit supérieur à 85 dB et 7% des bruits de chocs et d’impulsions supérieurs à 135 dB> 40% des malentendants ont moins de 55 ans> à partir d’un déficit moyen de 35 dB sur les deux oreilles, le travailleur peut prétendre à une indemnisation.
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