Le « Mémento Médicament 2010 » analyse notamment le taux de prescription en dénomination commune internationale (DCI)1, toujours faible en France, malgré l’obligation introduite par la loi de financement de la Sécurité sociale de 2009, de prescrire en DCI toutes les spécialités figurant dans les groupes génériques. Seulement 11% des lignes de prescription sont rédigées en DCI. Pourtant, il présente de nombreux avantages en matière de santé publique, de bon usage et sur le plan économique.
Il fait également un focus sur les dépenses de médicaments à service médical rendu(2) insuffisant qui se sont élevées à 384 millions d’euros en 2009, alors qu’ils ne devraient plus être remboursés conformément à la réglementation(3). Les remboursements se concentrent principalement sur les médicaments vasodilatateurs alors que leur performance a été jugée insuffisante par la Haute Autorité de santé (HAS). Ils sont aussi susceptibles d’entraîner une perte de chance, par inobservance d’autres traitements majeurs chez des patients notamment âgés qui présentent en général plusieurs facteurs de risque et qui sont donc polymédiqués.
Le « Mémento Médicament » montre enfin que l’essor de la délivrance de médicaments génériques a permis d’éviter 1,4 milliards € de dépenses supplémentaires en 2009. Cette économie aurait pu s’élever à 2 milliards € si l’acceptation des génériques avaient été totales. Malgré une progression significative des ventes, +7%, les médicaments génériques ne représentent en valeur que 13,5% du marché total des médicaments vendus en pharmacie. Pour la Mutualité Française, cette situation résulte notamment de la mise en place de nombreuses stratégies d’entrave au développement des médicaments génériques par les laboratoires princeps : dépôts de brevet secondaires, campagnes de dénigrement et stratégies de contournement des génériques.
(1) La Dénomination Commune Internationale (DCI) des médicaments a été mise en place par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour servir le langage commun à l’ensemble des professionnels de santé et des patients dans le monde. La DCI désigne la substance active ou la molécule contenue dans le médicament. En France, les spécialités pharmaceutiques sont aujourd’hui présentées et promues, non pas sous leur dénomination commune internationale, mais sous un nom de marque. Le nom de marque est un nom commercial qui ne correspond à aucun langage scientifique et qui masque la valeur thérapeutique du médicament, révélée par la DCI.
(2) SMR : le Service Médicale Rendu est évalué par la Commission de la Transparence. Il est qualifié de majeur, important, modéré, faible, ou insuffisant (SMRI) pour justifier le remboursement.
(3) Article R. 163-3 du code de la Sécurité sociale.